AskLeopold : mieux cadrer les besoins avec l’IA

Produit · Intelligence artificielle · Retour d’expérience

AskLeopold : trois mois de vibe coding pour mieux cadrer les projets

Avec Jean-Francis Ochs, nous avons créé AskLeopold en trois mois pour aider les AMOA et les analystes à mieux cadrer les besoins grâce à l’IA.

Par Louis Planquart · · 6 minutes de lecture

AskLeopold est né d’un constat simple : un projet mal cadré coûte toujours plus cher qu’un cadrage correctement mené dès le départ.

Il y a bientôt trois mois, avec Jean-Francis Ochs , nous avons fait un constat simple : dans de nombreuses missions, le problème ne vient pas immédiatement de la solution technique. Il commence bien plus tôt, au moment où le besoin doit être compris, challengé et formalisé.

Le véritable coût d’un mauvais cadrage

Une demande imprécise ne coûte pas seulement du temps. Elle entraîne des incompréhensions, des arbitrages tardifs, des développements inutiles et, parfois, l’obligation de faire, défaire puis refaire certaines briques applicatives.

Sommaire

  1. Un problème rencontré dans de nombreuses missions
  2. La recherche d’une solution
  3. Un assistant pour l’AMOA et l’analyste
  4. Pourquoi créer un véritable outil ?
  5. Pourquoi le vibe coding ?
  6. Trois mois pour concrétiser l’idée
  7. Et maintenant ?

Un problème rencontré dans de nombreuses missions

À chaque nouvelle mission, nous retrouvons souvent les mêmes difficultés : une expression du besoin trop générale, des documents insuffisamment détaillés ou des décisions importantes qui n’ont jamais été réellement formulées.

Le client connaît généralement son métier et sait quel problème il souhaite résoudre. En revanche, il n’identifie pas toujours toutes les conséquences de sa demande : les exceptions, les rôles des utilisateurs, les données nécessaires, les règles de gestion, les dépendances avec les outils existants ou encore les critères qui permettront de considérer le projet comme réussi.

Dans certains cas, un meilleur cadrage aurait permis de réduire le coût de la mission. Il aurait également évité une partie de la frustration ressentie lorsque l’équipe découvre trop tard qu’une demande était mal formulée, incomplète ou interprétable de plusieurs façons.

Ce n’est pas forcément la faute du client, de l’AMOA ou du développeur. Le besoin évolue naturellement au fil des échanges. Le problème apparaît lorsque cette évolution n’est pas suffisamment structurée et que les zones d’ombre ne sont pas identifiées avant le début de la réalisation.

La recherche d’une solution

Une fois ce constat posé, nous sommes partis à la recherche d’une solution capable d’aider les personnes chargées de recueillir et de formaliser le besoin.

Notre objectif n’était pas de remplacer l’AMOA, l’analyste fonctionnel ou le chef de projet. Au contraire, nous souhaitions leur fournir un outil capable de renforcer leur travail : les aider à poser les bonnes questions, à repérer les informations manquantes et à approfondir les sujets qui semblent évidents au premier regard.

Nous nous sommes naturellement tournés vers l’intelligence artificielle. Un modèle conversationnel est particulièrement adapté à ce type de situation : il peut analyser une première formulation, demander des précisions, remettre en question certaines hypothèses et aider à structurer progressivement le besoin.

Un assistant pour l’AMOA et l’analyste

L’idée d’AskLeopold est simple : devenir le compagnon de l’AMOA ou de l’analyste pendant toute la phase de cadrage.

L’outil doit intervenir dès les premiers échanges, lorsque le besoin est encore imparfaitement défini. Son rôle est de poser les questions utiles, y compris celles qui peuvent sembler dérangeantes ou prématurées :

  • quel problème cherche-t-on réellement à résoudre ?
  • quels utilisateurs seront concernés ?
  • quelles sont les exceptions au fonctionnement nominal ?
  • quelles données sont nécessaires et qui en est responsable ?
  • quelles contraintes techniques ou réglementaires doivent être respectées ?
  • comment mesurera-t-on la réussite du projet ?

Ces questions peuvent paraître simples. Pourtant, leur absence est souvent à l’origine des incompréhensions les plus coûteuses.

Un compagnon, pas un remplaçant

AskLeopold n’a pas vocation à prendre la place du professionnel qui conduit l’entretien. L’outil apporte une seconde lecture, élargit le questionnement et aide à ne pas oublier les sujets déterminants.

Pourquoi créer un véritable outil ?

Au début du projet, deux possibilités s’offraient à nous. La première consistait à produire un guide de bonnes pratiques : une méthode, une liste de questions et quelques modèles de documents destinés aux personnes chargées du cadrage.

Cette approche aurait été plus simple et plus rapide. Elle présentait toutefois une limite importante : un guide reste un document statique. Il peut être oublié, appliqué partiellement ou ne pas s’adapter au contexte particulier d’une mission.

La seconde possibilité était plus ambitieuse : développer un outil capable d’accompagner réellement l’utilisateur, de s’adapter aux réponses obtenues et de faire évoluer son questionnement au fil de la discussion.

Comme souvent dans nos projets communs, nous avons choisi la voie la plus complexe : construire le produit que nous aurions aimé utiliser nous-mêmes.

Pourquoi le vibe coding ?

Depuis plusieurs années, Jean-Francis et moi réalisons ce que nous appelons nos projets du soir et du week-end. Ce sont des projets développés pour nous-mêmes ou pour certains de nos clients, en dehors des formats habituels des grands projets informatiques.

Leur envergure intéresse rarement les grandes ESN. Pourtant, ces applications peuvent apporter une forte valeur ajoutée aux entreprises qui les utilisent. Elles répondent souvent à un besoin précis, avec un budget limité et une attente forte en matière de rapidité.

AskLeopold n’est cependant pas un petit projet. Sans l’appui des outils de développement assisté par l’IA, nous n’aurions pas eu la capacité de réaliser une application de cette ampleur uniquement le soir et le week-end. Le projet aurait probablement demandé beaucoup plus de temps, au point de devenir difficilement compatible avec nos autres activités professionnelles.

Le vibe coding nous a permis d’accélérer la réalisation tout en conservant la maîtrise de la conception. Nous avons pu définir l’architecture, formaliser les règles de développement, contrôler les choix techniques et orienter les agents vers le produit que nous avions en tête.

Le point important est là : nous n’avons pas demandé à une IA de décider seule de ce que devait devenir AskLeopold. Nous lui avons donné un cadre, des exigences, une vision du produit et une méthode de travail.

Trois mois pour concrétiser l’idée

En trois mois, nous sommes passés d’un constat partagé à une application disponible en ligne. Nous avons dû transformer une idée générale en parcours utilisateur, organiser le fonctionnement de l’assistant, structurer le projet et construire une interface suffisamment simple pour ne pas ajouter de complexité à une phase de cadrage qui l’est déjà parfois beaucoup.

Le développement assisté par l’IA nous a permis de réduire considérablement le temps nécessaire à la mise en œuvre. Il nous a aussi donné la possibilité d’itérer rapidement : essayer une approche, l’évaluer, la remettre en question puis l’améliorer sans attendre plusieurs semaines entre chaque version.

Nous sommes fiers d’avoir mené ce projet jusqu’à une première version utilisable en seulement trois mois. Cela ne signifie pas que le travail est terminé. Un produit continue d’évoluer au contact de ses utilisateurs, de leurs pratiques et de leurs retours.

Nous sommes néanmoins convaincus qu’un outil comme AskLeopold peut changer la manière dont certaines équipes abordent leurs projets. Non pas parce qu’il remplacerait leur expertise, mais parce qu’il les aide à consacrer davantage de temps aux bonnes questions avant que les mauvaises réponses ne deviennent coûteuses.

Et maintenant ?

La prochaine étape consiste à confronter AskLeopold à davantage de situations réelles, à écouter les utilisateurs et à améliorer progressivement son accompagnement.

Nous souhaitons que l’outil reste simple à utiliser, exigeant dans son questionnement et utile aussi bien aux professionnels expérimentés qu’aux personnes qui doivent occasionnellement formaliser un besoin.

Le pari de départ reste le même : quelques bonnes questions posées au bon moment peuvent éviter des semaines de développement inutiles.

À retenir

AskLeopold est né d’un problème que nous rencontrons régulièrement sur le terrain : les projets ne souffrent pas toujours d’un manque de compétences techniques, mais souvent d’un besoin insuffisamment interrogé avant le début de la réalisation.

L’intelligence artificielle ne remplace pas le cadrage. Elle peut en revanche aider les professionnels à le rendre plus rigoureux, plus complet et plus utile.

Découvrir l’application : AskLeopold.app

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